Au 1er janvier 2025, la France compte 5,4 millions de passoires énergétiques, soit 400 000
logements de moins qu’un an plus tôt. Les logements classés F ou G représentent désormais
14,4 % du parc, dont 12,7 % des résidences principales.
À première vue, cette baisse semble encourageante.
Mais en réalité, près de 40 % de cette diminution vient… d’ajustements réglementaires du DPE,
et non de travaux de rénovation :
La révision des seuils pour les petites surfaces (juillet 2024) a reclassé 160 000 logements
sans intervention.
La future modification du coefficient de conversion de l’électricité (1ᵉʳ janvier 2026) devrait
faire sortir environ 700 000 logements supplémentaires du statut de passoire —
principalement des biens chauffés à l’électricité.
Un signal trompeur pour le marché immobilier ?
Dans le parc locatif privé, la situation reste tendue : 1,1 million de logements F ou G dont 453 000
G déjà interdits à la location.
Alors que les aides à la rénovation (MaPrimeRénov’) sont resserrées et que beaucoup de
propriétaires hésitent à engager des travaux, la baisse statistique des passoires peut donner une
impression d’amélioration qui ne reflète pas toujours la réalité énergétique des biens.
Le ministère lui-même le reconnaît :
Cette baisse peut traduire une amélioration réelle, mais aussi des effets liés aux évolutions
méthodologiques du DPE ou aux comportements des diagnostiqueurs et des propriétaires.