La France a produit 1 572 TWh d'énergie primaire en 2024, 10,2% de mieux qu'en 2023. Le nucléaire repart enfin (+12,5%) après les galères de 2022, aidé par une météo favorable à l'hydroélectricité (+10,4%). Les renouvelables électriques grimpent aussi de 10,4%, le thermique et les déchets de 1,6%. Avec une consommation primaire qui progresse à peine (2 577 TWh), le solde des échanges physiques recule de 10% sur un an.
La consommation finale à usage énergétique cale à 1 499 TWh (-0,1%), cassant la baisse observée depuis 2021. Ce quasi-plateau cache des écarts énormes entre secteurs. L'industrie (hors hauts-fourneaux) s'effondre à -21,1%, l'agriculture perd 9,2%, les transports 4,6%. Pendant ce temps, le résidentiel rebondit légèrement (+1% corrigé du climat, -0,1% brut) et le tertiaire accélère à +2% corrigé (+1,1% brut). Cette reprise dans les bâtiments marque un tournant après plusieurs années de sobriété forcée.
Les prix de gros se calment et les tarifs reculent dans tous les secteurs sauf un : le résidentiel prend 12,6% dans les dents. La facture énergétique moyenne des ménages atteint 3 744 euros en 2024, 3% au-dessus de 2023. Le logement explique tout avec 2 071 euros (+12%) qui effacent largement la baisse du carburant (1 673 euros, -5%).
Au global, ménages, entreprises et administrations ont dépensé 219 milliards d'énergie, presque 6% de moins qu'un an avant grâce à la détente du tertiaire (-15,2%), de l'industrie (-21,1%) et des transports (-4,6%). Mais cette baisse macroéconomique masque la réalité du quotidien des particuliers qui subissent la flambée des tarifs domestiques.